VPN, VDI ou ZTNA : quel accès distant choisir en 2026 ?
L’accès distant ne se résume plus au VPN
Le VPN reste utile, mais il n’est plus la seule réponse. Télétravail, prestataires, applications SaaS, postes personnels, risques de phishing et exigences de conformité obligent les entreprises à repenser l’accès distant.
Ce que le marché montre sur la bascule vers le Zero Trust
Le mouvement vers des approches plus modernes que le VPN classique s’est nettement accéléré. Dès 2025, au moins 70 % des nouveaux déploiements d’accès distant sont servis principalement par le ZTNA plutôt que par des services VPN traditionnels, contre moins de 10 % fin 2021. Le marché mondial du ZTNA devrait passer de 1,34 milliard de dollars en 2025 à 4,18 milliards en 2030, une croissance de 25,5 % par an.
| Indicateur | Donnée observée |
|---|---|
| Nouveaux déploiements d’accès distant fondés sur le Zero Trust (Gartner, 2025) | environ 70 % |
| Part du ZTNA fin 2021 (référence) | moins de 10 % |
| Entreprises prévoyant de remplacer leur VPN par du Zero Trust | 65 % |
| Organisations prévoyant une stratégie Zero Trust sous 12 mois | 81 % |
Ces chiffres ne signifient pas que le VPN disparaît, mais que son rôle change : il reste pertinent pour des usages simples et bien maîtrisés, tandis que le ZTNA devient la référence pour les nouveaux projets d’accès distant, en particulier dans les organisations qui ont connu une forte hausse du télétravail ces dernières années.
Trois approches reviennent souvent : VPN, VDI et ZTNA. Elles peuvent se compléter, mais elles ne protègent pas la même chose.
VPN : simple, mais à délimiter
Le VPN connecte un utilisateur au réseau de l’entreprise. Il est adapté pour des usages simples, surtout si les postes sont maîtrisés, à jour et protégés. Son risque principal : donner un accès trop large au réseau interne. Un VPN mal segmenté peut transformer un poste compromis en porte d’entrée, un scénario que les entreprises cherchent de plus en plus à éviter en migrant vers des modèles à accès par application.
À vérifier : MFA, segmentation, journalisation, comptes prestataires, règles de pare-feu, postes autorisés. Un VPN correctement segmenté, avec un accès limité aux seules ressources réellement nécessaires par profil utilisateur, reste une option raisonnable même en 2026.
VDI : isoler l’environnement de travail
Le VDI publie un poste ou des applications dans un environnement centralisé. Les données restent côté infrastructure, ce qui est utile pour les applications métier, les prestataires ou les postes non maîtrisés. Le coût et la complexité sont plus élevés, mais le contrôle est meilleur.
À vérifier : expérience utilisateur, impression, périphériques, stockage, licences, supervision et support.
ZTNA : donner accès à l’application, pas au réseau
Le Zero Trust Network Access repose sur une idée forte : ne pas faire confiance implicitement au réseau. L’accès est accordé selon l’utilisateur, l’appareil, le contexte et l’application demandée. Le modèle Zero Trust formalisé par le NIST insiste sur l’authentification et l’autorisation avant l’accès à une ressource. C’est cette granularité qui réduit nettement le risque : on n’expose jamais le réseau entier, mais seulement l’application strictement nécessaire, à l’utilisateur strictement autorisé, dans le contexte attendu.
À vérifier : identité, MFA, posture appareil, compatibilité applicative, logs, politique par application.
Ce que le Zero Trust change concrètement dans la configuration
Contrairement au VPN, où l’accès se décide une fois à la connexion puis reste valable pour toute la session, une architecture ZTNA réévalue en continu chaque demande d’accès à une application selon plusieurs signaux combinés : l’identité de l’utilisateur, la conformité de l’appareil (chiffrement actif, antivirus à jour, système corrigé), la localisation de la connexion et le niveau de sensibilité de la ressource demandée. Concrètement, un même utilisateur peut se voir accorder l’accès à sa messagerie depuis un poste personnel non maîtrisé, tout en se voir refuser l’accès au logiciel de comptabilité depuis ce même poste, selon la politique définie par ressource. C’est cette granularité, impossible à reproduire avec un VPN classique qui ouvre un accès réseau global, qui rend une compromission bien moins dévastatrice : un poste piraté n’ouvre plus tout le réseau, seulement ce à quoi son utilisateur avait déjà droit.
Comment choisir
- Petite équipe, postes maîtrisés, besoin simple : VPN bien configuré.
- Applications métier sensibles ou postes externes : VDI ou publication applicative.
- Applications web internes et besoin de contrôle fin : ZTNA, la tendance dominante des nouveaux déploiements depuis 2025.
- Prestataires : accès limité par application, durée et journalisation.
- Données très sensibles : éviter l’accès réseau large, privilégier VDI ou ZTNA.
Une trajectoire progressive
Le bon choix n’est pas toujours unique. Une PME peut garder un VPN pour certains usages, publier une application critique en VDI et introduire du ZTNA sur un périmètre web. L’important est de réduire les accès trop larges et de documenter qui accède à quoi, une démarche cohérente avec la tendance de marché où 81 % des organisations prévoient une stratégie Zero Trust dans les douze prochains mois, sans pour autant abandonner brutalement leurs solutions existantes.
Le vrai frein en PME, c’est la complexité
Sur le papier, le Zero Trust séduit ; dans une PME sans expert dédié, il intimide. Le principal obstacle à son adoption n’est pas le coût des licences, mais la complexité perçue et le manque de compétences internes en gestion des identités et des accès. Définir des politiques par application, par appareil et par contexte suppose une rigueur que toutes les équipes n’ont pas, et une architecture mal configurée peut vite devenir ingérable ou, pire, laisser des trous.
C’est précisément pour cette raison qu’un accompagnement externe sur la phase initiale change souvent la donne. L’enjeu n’est pas de tout déployer d’un coup, mais de poser correctement les fondations, une première application, une première politique, un premier groupe d’utilisateurs, puis d’élargir une fois la mécanique maîtrisée.
Le cas des applications anciennes
Une question revient systématiquement : que faire des applications internes anciennes, conçues bien avant le cloud et le Zero Trust ? Toutes ne se publient pas aussi facilement. Certaines s’intègrent sans peine derrière une passerelle ZTNA ; d’autres, plus rétives, exigent un connecteur spécifique, voire une adaptation, pour être exposées sans être réécrites. Quelques-unes, enfin, restent plus simples à servir via un VDI ou un accès réseau strictement segmenté.
D’où l’intérêt d’un audit de compatibilité applicative en amont. Découvrir un blocage technique en plein déploiement coûte du temps et de la crédibilité auprès des utilisateurs ; le repérer avant permet de choisir, pour chaque application, la voie d’accès la plus adaptée plutôt que d’imposer une solution unique qui ne conviendra pas à tout le monde.
Choisir selon l’usage, pas selon la mode
Le Zero Trust est la direction du marché, mais suivre une tendance n’a jamais protégé personne. Le bon réflexe reste de partir des usages réels : quels utilisateurs, quelles applications, quel niveau de sensibilité, quelles compétences en interne. C’est de ces réponses que découle le bon mélange de VPN, de VDI et de ZTNA, pas d’un argument de brochure. Réduire les accès trop larges et documenter qui accède à quoi compte davantage que le nom de la technologie retenue.
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Sources : Hodeitek, Why 65% of Companies Plan to Replace VPNs with Zero Trust · CIO, Why 81% of organizations plan to adopt zero trust by 2026 · NIST SP 800-207, Zero Trust Architecture
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